Les folles ont la cote

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Les folles ont la cote (20 février 2015)

Il me dit: " tu sais bébé, pourquoi toi et moi ça ne marche pas? Je crois que tu réfléchis trop. Il te manque ce petit quelque chose, cette folie... Tu ne te laisses pas aller. Même lorsque je joue avec tes nerfs, tu ne te lâches pas. Ça ne m'ennuie pas de me prendre un bouquin dans la figure, tu sais..."
Là, je réalise que toutes les folles que je connais sont casées!
Eurêka! Il est là notre gros malentendu. Aucune adéquation entre notre pensée et nos instincts.
Les hommes les préfèrent avec un grain. Les hommes... Enfin... Presque tous...
Il y a celui qui a tout compris, avant l'heure. Il sait qu'il n'est nul besoin d'hormones femelles pour apprécier un joli paysage, il n'a aucun problème pour enfiler un tablier et concocter de bons petits plats, il n'a pas besoin qu'Anna Wintur lui prenne la main pour le conduire à travers les méandres de la mode. Il ne souffre pas de devoir affirmer sa virilité face à la société. Il a tout compris aux femmes; il a bien cerné ces êtres particuliers, fragiles, adorables, ayant beaucoup d'amour à donner et à recevoir. Il connaît bien les femmes et n'est pas assez fou pour se les farcir; il est gay!
Il y a celui qui est macqué et heureux avec son amie d'enfance pcq ils s'adorent et partagent les mêmes délires. Ils ont les mêmes amis (d'enfance), ils sont un modèle de stabilité et un exemple pour ceux qui les connaissent. Normal, ils ont traversé des lunes, des fous rires et ça fait un siècle que ces deux là, ça dure. Même lorsqu'ils doutent (chacun de son côté - on ne partage pas ce genre de doute, quand on vit une histoire pareille, on a la politesse d'être heureux - si bien que la question ne se posera jamais), ils continuent de vivre leur adorable routine. Tels le président des États Unis d'Amérique et sa première dame; ils sont une institution et ont le devoir d'être et de rester un modèle d'union, de bonheur parfait et pérenne. Il peut arriver qu'en plus de cela, ils soient amoureux mais bon... Ce cas de figure est aussi fréquent que la probabilité d'avoir avec soi du PQ quand on est pris d'un besoin urgent en rase campagne.
Puis, il y a le "average man", le reste! Comme pour les restes, on s'en contente...
Comment se retrouve t- il dans la moyenne? Normal; Il n'est pas gay ou refuse de se l'avouer (oui, nous parlerons du tant apprécié goldfinger prochainement). Il n'est donc pas gay et n'a pas pris le train de l'amitié d'enfance qui durera "jusqu'à ce que la mort vous sépare"
Le type moyen, normal... Il aime être un homme, L'homme de LA femme. Il a beau dire qu'il l'aime douce, indépendante, sans prise de tête. Il est soit célibataire, soit heureux en couple avec LA FOLLE. Une femme qui a une terrible propension à pousser dans les octaves pour exprimer son insécurité. Cela peut se produire quand sa propriété se permet de tomber dans les embouteillages et d'arriver 5 minutes plus tard que d'habitude ou quand il se permet d'avoir des amis qui ne sont pas les frères ou maris d'amies de madame...
Elle a la drôle de manie de perdre ses affaires dans les poches de son homme; alors elle cherche désespérément pour trouver, par hasard, des choses qui nécessiteront une explication avec SON homme et la pousseront obligatoirement dans les octaves.
Elle a toujours une bonne raison pour utiliser le téléphone de son chéri et s'étonne de tomber, par hasard, sur une pute (les putes étant toutes ces bonnes femmes qui ont l'impertinence de connaître un homme sans avoir été présentée sa femme).
Elle pleure un peu, beaucoup, à la folie, à la folie et à la folie! Elle pleure passionnément et démesurément. Elle a besoin de lui pour lui tenir la main, lui tenir le bras, lui tenir le volant, lui tenir la porte, le manteau, le marteau, le stylo et le chéquier,...
Il dit donc l'aimer : pas caractérielle, indépendante, assumant "cette égalité qu'elles ont tant voulu"! Il doit être sincère et en accord avec ce qu'il dit. Sa tête n'est simplement pas accordée à ses instinct de mâle protecteur, de maître et de chef de famille... Ou il ment...

C'est donc ça que tu veux, chouchou? Une femme qui te fasse sentir logique et rationnel de par ses réactions hystériques? Dis le clairement...
Le serai-je alors, si tu me le demandais?
Je ne sais pas. J'ai appris à tenir mon volant, à tenir mon stylo et signer mes chèques. J'ai appris à être ultra féminine mais j'ai oublié d'être femelle. J'ai tu mes instincts, dompté mes nerfs, éduqué mes démons et rationalisé mon utérus. Mon utérus est absolument fonctionnel et déchargé de son leste psychologique avec ce que ç'aurait pu comporter de normalement et naturellement pathologique parfois. J'ai fini par être ce qu'on m'a dit d'être: l'égale de l'homme. Un tout rationnel, défait de (presque) toute expression de charges émotionnelles. L'homme que j'ai appris à être sait ce qu'ELLE attend en face.
Je n'aime pas les machos mais j'aime le meneur, le maître. Je ne l'aime pas violent mais je veux bien qu'il me plaque contre le mur. Je ne veux pas d'une pipelette mais il ne doit participer un peu quand je dis ce que je pense des autres filles. Je veux qu'il participe aux tâches ménagères mais pas d'un homme au foyer. Je veux qu'il exprime ses sentiments et qu'il pleure lorsqu'il en ressent le besoin (c'est si attendrissant, un homme qui pleure) mais pas n'importe comment et avec mesure. Je ne veux pas d'une madeleine qui s'épande en grandes eaux.
Je veux qu'il soit d'accord avec moi, sur tout mais qu'il ait sa personnalité et ne se laisse pas mener. Je le veux moderne mais je veux le mâle en lui.
Tu vois chéri; ce monde m'a appris à être un homme comme un autre, en faisant évoluer ma pensée vers les confins d'un intellectualisme absurde, aux antipodes de mes instincts, me condamnant par là même à une dichotomie existentielle. Une belle contradiction relevant carrément du domaine de la psychiatrie... Ces deux personnes coexistent en moi; cette guerrière qui sort de sa caverne, son foyer et se bat constamment mais aussi cette fragile petite chose qui a besoin d'être protégée, câlinée et (parfois) même dominée. Elles ne font pas toujours bon ménage avec ce masculin resté inchangé, qui ne sait pas toujours à qui il a affaire.
J'ai gommé mes féminines aspérités pour être l'égale de l'homme, puisqu'il fallait m'émanciper de son joug et gagner mon pain comme lui, si pas plus... Oui mais lui; personne ne lui a demandé de changer. S'il le fait, c'est de son propre chef et il est en accord avec sa part de féminité.
Alors les hommes les aiment peut-être avec un grain, mais pas multiples...
T'as raison chéri; toi et moi, c'est compliqué... je ne suis pas tout à fait seule dans ma caboche.